LA CHRONIQUE DES FRONTALIERS La Suisse fait les meilleures cartes du monde

 
Jean-François Besson est le secrétaire général du Groupement transfrontalier européen (GTE). Aujourd’hui, il revient sur la tradition d’excellence suisse en matière de cartographie.

Avec le retour des beaux jours, la saison de l’alpinisme va pouvoir démarrer pleinement. Si aujourd’hui, les outils modernes nous permettent de nous orienter plus facilement, certains continuent à apprécier la bonne vieille carte IGN. Chez nos voisins aussi, la cartographie des montagnes a été un enjeu majeur il y a plus d’un siècle et demi. Comment partir à la conquête d’un sommet si l’on ne possède pas d’outils pour se situer et s’orienter ?

Et en matière de cartographie, nos voisins qui, en général font preuve de modestie, n’ont pas peur d’affirmer qu’ils ont les meilleures cartes du monde. Il faut dire qu’ils ont commencé très tôt.

L’histoire démarre en 1838 avec l’initiative d’un général, le Genevois Guillaume-Henri Dufour qui se lance dans la fabrication du premier relevé topographique du pays. En un peu plus d’un quart de siècle, 25 feuilles sont publiées à l’échelle de 1/100 000e. Des cartes qui sont de véritables œuvres d’art. Problème, ces cartes au 100 000e ne correspondent pas aux besoins des alpinistes. Et dès sa création, le Club alpin suisse demande la publication de cartes au 50 000e.

Gravées sur des plaques de cuivre

Ce fut le successeur de Dufour, encore un militaire, le colonel Siegfried, qui prit les choses en main. Pas moins de 600 cartes vont ainsi être publiées. Des cartes qui, jusqu’en 1953, continuent à être gravées sur des plaques de cuivre et qui font l’admiration de tous les spécialistes.

Depuis, il a fallu évidemment les réactualiser. Les successeurs du général Dufour disposent, pour faire le travail, d’outils un peu plus modernes. Et d’ailleurs même le nom de l’organisme a été mis au goût du jour : on ne parle plus de service topographique fédéral mais de Swisstopo !

Et pour finir, sachez que nos voisins ont été très reconnaissants avec le général Dufour puisque, en 1863, le conseil fédéral a changé le nom du plus haut sommet de Suisse. Le Hochste Spitze est devenu la pointe Dufour, qui culmine à 4 633 mètres. Ce qui en fait le deuxième sommet des Alpes après notre mont Blanc à nous !