INSOLITE - Un hôtel construit à cheval sur la frontière franco-suisse

mardi 15 janvier 2019 à 11:47 Par Claire Charbonnel, France Bleu

Sur le plateau des Rousses dans le Jura, se trouve peut-être le seul hôtel construit à cheval sur une frontière.

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L'escalier monte de France en Suisse et à la 13e marche, on traverse la frontière. Et ainsi, selon l'orientation des chambres, les clients dorment la tête en Suisse et les pieds en France comme dans les chambres n°6 et n°9 ou dorment en Suisse et prennent une douche en France (chambre n°12). 

Et à l'heure de passer à table, chacun choisit son pays. Côté France, une table esprit Brasserie avec des plats généreux. Côté suisse, un restaurant gastronomique couleur terroir. Et au milieu... le bar pour mettre tout le monde d'accord.

Une histoire de borne

En 1863, Un certain Ponthus profita d’un arrangement entre Napoléon III et la Confédération helvétique en vue de régler un différend territorial pour ouvrir boutique sur le nouveau tracé. Il construit bien vite une maison avec une façade en Suisse et l'autre en France.

Quelques années plus tard, ce sont ses fils qui reprennent le commerce florissant de Ponthus (hôtel, buvette, épicerie). Mais ils se disputent et cèdent l'affaire en 1921 à Jules-Joseph Arbez.

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Arrive la seconde guerre mondiale, la ligne de démarcation longe l'hôtel qui se trouve à la croisée de la Suisse neutre, de la zone libre et de la zone occupée. Les Allemands prennent pension au restaurant, côté France, alors qu'à l'étage "sur Suisse" le fils Arbrez, Max, chef d'un réseau de résistance planque des agents de liaison et des pilotes de la RAF, évacue les fugitifs. En 2013, le jurassien est décoré à titre posthume de la médaille des Justes parmi les Nation pour avoir sauvé juifs et résistants.

La paix revenue, l'extraterritorialité du lieu est officielle, l'Arbezie est née. Charles de Gaulle sera le premier citoyen d’honneur de cette minuscule principauté.

A noter également que cet endroit tout-à-fait à part a aussi été le théâtre d'enjeux majeurs comme les négociations d'Evian au début des années 60.

L'hôtel est toujours tenu par la famille Arbez. Après Max et son fils Bernard, c'est aujourd'hui la 4e génération avec Alexandre Peyron et sa sœur Bérénice Salino qui sont aux commandes. 

► Pour en parler : Alexandre Peyron

Une heure en Fance - L'Arbézie

► En savoir + : le site internet de l’Arbézie