PDC International : défendre les intérêts de la « Cinquième Suisse »

Le dernier Congrès annuel des Suisses de l’étranger a connu des hauts et des bas. Parmi les bas, la décevante nouvelle selon  laquelle seulement 4 cantons pourront utiliser le vote électronique pour les élections fédérales 2015. Même si l’on peut avoir de la compréhension pour les arguments du Conseil fédéral concernant le respect du secret du vote, on peut déplorer que cette décision intervienne si tard et que les 9 cantons concernés n’aient plus le temps de corriger le tir avant l’échéance du 18 octobre prochain.  Cela démontre aussi que l’on néglige encore trop ces  10 % du peuple suisse et que l’on peine à reconnaitre leur pleine citoyenneté mais aussi leur importance politique et électorale.

En effet, aujourd’hui plus que jamais, chaque voix compte. La récente loi sur la redevance a été approuvée à 3’000 voix près grâce au vote des Suisses de l’étranger, la loi sur la police dans le canton de Genève à 58 voix et une récente votation communale en Suisse alémanique sur des taxes de stationnement à… 1 voix !  C’est pour cela qu’il faut encourager nos compatriotes de la « Cinquième Suisse » à s’inscrire sur les registres électoraux. Pour l’instant, seulement 25 % d’entre eux l’ont fait, mais ils peuvent vraiment faire la différence !

Dans ce contexte, et parmi les hauts du Congrès, la présence des stands des partis et de leurs sections internationales était la bienvenue. La section du « PDC international » quant à elle, était enrichie par la participation active de l’association « Genevois sans frontière »,  qui a pour objectif la promotion des valeurs et des projets démocrates-chrétiens au sein de Genève et de son agglomération

En créant le réseau « PDC international », mon parti souhaite approfondir son engagement pour les préoccupations des Suissesses et Suisses de l’étranger qui se reconnaissent dans nos valeurs. Mais il veut surtout leur donner l’occasion de s’exprimer politiquement. Responsables et humanistes, nous sommes le parti de la famille, de la classe moyenne, des PME et du fédéralisme. Mais aussi celui de l’ouverture vers l’Europe et de la solidarité internationale. Il ne s’agit pas d’un gadget électoral, mais de l’avènement des nouveaux porte-paroles de la « Cinquième Suisse » qui nous  ouvrent les yeux sur d’autres réalités et dont nous défendons les intérêts. Les exemples sont nombreux : le maintien d’un réseau consulaire crédible, la pérennité du financement des écoles suisses à l’étranger, l’accès à un compte bancaire suisse et surtout, la libre circulation, notamment  dans l’Union européenne. Gardons à l’esprit que 60% des Suisses de l’étranger  sont établis dans l’Union européenne et que les conséquences du 9 février 2014 ne sont pas à sens unique. Pour le PDC, le 27ème canton  suisse ou le 46 ème commune genevoise doit plus que jamais pouvoir exercer ses droits et ses devoirs. Et ceci est d'autant plus important pour les 20'000 genevois qui habitent en France voisine mais travaillent dans le canton. Je m'engage  à leur côté pour préserver l'accès aux soins en Suisse, l'accès aux prestations de retraites et de chômage à hauteur des cotisations versées, à la scolarisation de leur enfants dans le canton et la simplification des démarches administratives consulaires. 

 A cela s’ajoute la sensibilisation et la préparation des jeunes Suisses à leur citoyenneté et à la vie politique de notre pays ; ce sont nos futurs porte-étendards dans le monde. Et  c’est à eux qu’il appartient de  poursuivre la  précieuse contribution des Suisses de l’étranger à l’histoire de succès d’une Suisse libre et ouverte.

 Raymond Loretan
Ancien Ambassadeur de Suisse et Co-président du  PDC International