TROIS NON ET UN SUICIDE

Dans l’édition précédente, l’actualité c’étaient les présidentielles françaises, cette fois nous sommes en pleines législatives, mais aussi en pleines votations fédérales. Pour un journal qui se veut neutre et qui parle de politique mais ne prend pas position, c’est compliqué comme disait Rachida. Pour les votations de ce week-end1 les résultats viennent de tomber. Non, Nein, No, Na, et ce, à près de 3 votants sur 4 et à l’unanimité des cantons. Le changement, ce ne sera pas maintenant. Pas de réseaux de soins obligatoires, mesure d’économie qui ne convainc pas le souverain. Malgré la pression du gouvernement et du parlement, l’adhésion à un réseau de soins restera elle aussi un acte volontaire. Pas non plus de création d’un système d’épargne logement, la fiscalité n’étant décidément pas un couteau suisse bon à régler tous les problèmes. Et loin aussi l’initiative de l’ASIN sur le vote obligatoire sur les accords internationaux, sans savoir si c’est une déroute des isolationnistes ou une décision pragmatique du peuple pensant peutêtre que le risque d’adhésion de la Suisse à l’Union européenne est devenu anecdotique. Une évolution cantonale importante, par contre, au sens sociétal, l’adoption du contreprojet vaudois pour le suicide assisté qui le soumet au contrôle médical mais oblige les hôpitaux et EMS qui s’y refusaient encore pour des raisons éthiques ou religieuses à entrer en matière. La Suisse a souvent eu raison d’être en retard sur les évolutions sociétales. Nous verrons si elle a aussi raison de prendre de l’avance. En ce qui concerne les relations franco-suisses, comme nous vous l’annoncions, l’heure est à la détente progressive, les nouveaux interlocuteurs de notre nouvel ambassadeur ne faisant pas usage du même ton va-t-en guerre que leurs prédécesseurs. Diffi cile de savoir ce qui sortira de ces discussions, car elles sont à la fois franco-suisses et européano-suisses. Le nouveau pouvoir français est divisé entre le pragmatique besoin de recettes fiscales et parafiscales sur une de ses ailes, et le refus de principe de mesures Rubik analysées comme des amnisties rampantes sur l’autre. En n’oubliant pas que le sujet est aussi surveillé de près par le Luxembourg, l’Angleterre, l’Autriche et quelques autres adeptes du faites comme je dis, ne faites pas comme je fais. Pragmatique aussi avant tout le nouveau président de la Banque nationale suisse, Thomas Jordan, a admis travailler sur un plan de crise en cas d’éclatement de la zone euro, bien qu’indiquant ne pas y croire, et aussi annoncé plus récemment être prêt à acheter de manière illimitée de l’euro afin de soutenir le cours pivot de 1,20 euro par franc suisse cet été. Voilà qui doit faire réfl échir, si on peut dire, notre compatriote Johnny, résident 6 mois par an à Gessenay2 selon sa déclaration fiscale, et habitant partout ailleurs selon les tweet de sa charmante camarade de voyages. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé par des gazettes, cela n’a pas allumé le feu entre lui et la commune qui l’accueille. Pour vous préparer un bel été, Michel Goumaz vous a recensé quelques bons plans pour profi ter de la Suisse, et toute l’équipe des articles à lire une fois que vous y serez. Pendant ce temps-là, nous vous préparons déjà le numéro de rentrée, et continuons d’alimenter chaque jour le blog de Suisse Magazine 3, qui fera aussi une courte pause. Excellent été à tous, merci de votre fi délité et à bientôt. Philippe ALLIAUME. Rédacteur en chef redaction@suissemagazine.com 1 Je parle donc de la Suisse, puisque chez nous on fait la distinction entre élections (élire) et votations (voter). 2 Ben oui, Suisse Magazine parle français. 3 http://blog.suissemagazine.com/ ou depuis la page principale de www.suissemagazine.com.