Les médias français nous ont depuis longtemps habitués à ne parler de la Suisse qu’en mal. Après le bombardement des banques dont nous vous rendons compte au jour le jour depuis bientôt trois ans (voir page 29), la campagne présidentielle n’a pas manqué de déclarations fracassantes à l’encontre de la Suisse, ses banques, ses exilés fiscaux. On parle moins de son taux de chômage toujours bas, de son équilibre budgétaire toujours strict de son fédéralisme et de sa sensibilité écologique historique qui ne dure pas que le temps d’une campagne électorale. En France, lequel des deux ambitieux est le plus dangereux pour la Suisse ? Celui qui la connaît si bien et l’attaque sans interruption depuis 5 ans ? Ou celui qui la connaît mal mais n’en pense pas moins et a parmi ses bouillants amis Arnaud Montebourg l’homme qui voit mieux les « principaux défauts » chez les autres ? L’avenir nous le dira, et comme nous paraîtrons avant le second tour, je m’abstiendrai de trop en parler. Mais déjà ce matin, les mêmes journaux qui se précipitaient hier pour attirer des lecteurs en « révélant » que tel média suisse avait publié un sondage sorti des urnes ou un dépouillement précoce, sans toutefois franchir comme les réseaux sociaux la ligne jaune de la publication des cours comparés du Gouda, de la Rolex, et de Jeanne d’Arc, ou du flan, du goulash et de l’omelette norvégienne, ont déjà retourné leur veste. Hier la Suisse était une source de scoops pour faire de l’audience. Ce matin la décision de poursuite du parquet de Paris est une juste punition de ces vilains Helvètes. Ben voyons. Vous le lirez dans nos pages, les médias suisses diffèrent sensiblement des médias français comme l’humour suisse de l’humour français. Coller un peu plus à l’actualité sans pour autant rebondir sur ce qui ne le mérite pas, c’est la mission que s’est donnée le nouveau blog de Suisse Magazine qui depuis quelques mois vous offre des petites nouvelles quotidiennes de tous ordres qui n’ont pas trouvé leur place dans la version papier du magazine. Vous y trouverez aussi des index, une sélection de liens et tout ce que nous aimerions publier chaque mois si le nombre d’abonnements voulait bien le permettre. Diffusez-le aussi à vos amis non abonnés, il permet de goûter à quelques morceaux apéritifs de Suisse Magazine, sans toutefois donner un accès complet à ce que nous réservons à nos fidèles abonnés. Toujours pour essayer de mieux vous servir, nous avons remis en place le service de prélèvement automatique. Il vous sera proposé sur votre courrier de réabonnement. Son principal avantage est de rendre plus souple votre abonnement en vous évitant de devoir guetter chaque réabonnement. Vous êtes ainsi sûrs de ne manquer aucun numéro, et bien entendu pouvez le stopper quand vous voulez. Le temps est maintenant venu de renvoyer aux équipes d’Hélène (voir page 20) les corrections de texte et de maquette, des suppliques pour que rentre dans trop peu de pages tout ce que nous aimerions vous faire découvrir, ainsi cet édito afin que vous receviez rapidement votre exemplaire du seul média français qui pense Suisse. Merci de votre fidélité et à bientôt.

Philippe Alliaume