N’occupant qu’un bas-relief sur le Mur de la Réformation à Genève, quasi occulté jusqu’à ce jour par les ombres de Jean Calvin, Guillaume Farel et Théodore de Bèze, il sort enfi n du silence grâce aux nombreuses manifestations, expositions, colloque universitaire et conférences, qui ont jalonné cette commémoration. Principal artisan de la Réforme en terre vaudoise, Pierre Viret naît à Orbe en 1511, dans un baillage conjointement administré par Berne, la protestante et Fribourg, la catholique. Son père, tailleur de draps, fait partie de la petite bourgeoisie. Il fréquente l’école locale – dont il ne semble pas avoir gardé un bon souvenir – et reçoit très tôt les rudiments de la religion. Une instruction suffi sante en tout cas qui lui permet de poursuivre ses humanités à Paris, de 1527 à 1530. Le jeune homme, alors destiné à la prêtrise, fréquente le collège Montaigu, où il acquiert les bases du savoir contemporain, une large connaissance des auteurs classiques et de l’histoire ecclésiastique. En classe de rhétorique, il se familiarise à l’art du discours. Il y rencontrera peutêtre Calvin et Ignace de Loyola.

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