L’UDC continue de payer très cher son règlement de comptes avec Eveline Widmer-Schlumpf et n’a pas réussi à imposer un second siège, malgré une attaque frontale à l’encontre de nombre de sortants. On peut le voir sous deux angles. S’étonner d’un siège unique accordé au parti qui reste le premier parti de Suisse, malgré un petit déclin que ni les sondages ni les médias, notre éditorial inclus, n’ont vu venir. Ou se féliciter de la solidité de la démocratie parlementaire de consensus qui, avec une fi nesse de découpeur de papier du Pays d’Enhaut, cisèle un gouvernement d’équilibre qui fait place aux langues, religions, cultures, partis, sexes mais expulse sans pitié tout ce qui peut rompre le consensus. Tout ce qui est excessif est appelé à devenir insignifi ant. Pas d’angélisme non plus, le manque d’Italophone et la nonreprésentation de Genève et de Vaud font débat.
Il y aura sans doute des leçons à en tirer pour la future représentation parlementaire des Suisses de l’étranger, puisque après l’avoir combattu pendant des années, l’Organisation des Suisses de l’étranger en a fait son nouveau credo. Là encore, il serait facile de ricaner que cela faisait plus de 60 ans que certains groupes la réclamaient et que l’OSE s’y opposait 1... mais il faut encore être conscient que l’OSE, essentiellement financée par la Confédération, ne peut émettre de revendications que la Confédération jugerait excessives. En fait, l’OSE applique au niveau mondial les principes d’une démocratie de consensus, extrêmement frustrante pour certains des groupes les plus actifs notamment à Paris, mais justifi ée par le fait que le statu quo satisfait souvent la grande majorité des intéressés. La France est un cas particulier de la Cinquième Suisse et Paris un cas particulier de France, ce qui n’empêche pas J.-M. Begey de mener une politique de rénovation de l’UASF. Le président en exercice soulignait d’ailleurs lors de la réunion consulaire à Paris qu’une grande partie des associations actives est actuellement dans l’arrondissement de Lyon, et à la recherche de documentations suisses pour animer des réunions… appelez-nous, on en a des tonnes.

Petit à petit les actions à l’intention de la Cinquième Suisse se déplacent sur internet. La Revue suisse privilégie l’édition internet (Suisse Magazine fait l’inverse, afi n de ne pas exclure les lecteurs qui veulent lire un magazine papier, mais prépare des compléments en ligne que vous découvrirez bientôt sur www.suissemagazine.com). Les ondes moyennes de Sottens et de Beromünster se sont défi nitivement tues, au profi t de la radio sur internet. Et la communauté s’organise de plus en plus autour de Swisscommunity pour d’évidentes raisons de coût. Nous avons « testé pour vous » Swisscommunity avec un résultat mitigé. Les trois premiers messages reçus étaient une agression d’un personnage un peu dérangé bien connu de la communauté, une publicité pour un produit commercial, et un fl ot de propagande pour un candidat aux élections présidentielles françaises. Tout ceci a été signalé aux modérateurs du système et nous vous tiendrons au courant de leurs réponses. À suivre donc.

En attendant, excellente année à tous, en souhaitant qu’elle vous permette de profiter des nombreuses richesses suisses que nous essayons de vous aider à découvrir.

Philippe ALLIAUME. Rédacteur en chef

Pour les historiens et les intéressés, nous avons de nombreux dossiers sur le sujet dans les bibliothèques de Suisse Magazine.